Haute-Saône, 29 janvier 2026 — Trois jeunes adultes ont été contaminés par la leptospirose après l’achat récent de rats de compagnie, tous issus de la même animalerie, selon l’ARS Bourgogne–Franche-Comté.
Trois patients âgés de 25 à 35 ans ont été hospitalisés en réanimation en Haute-Saône après une leptospirose. Selon l’ARS Bourgogne–Franche-Comté, l’enquête a mis en évidence un point commun : chacun venait d’acheter un rat domestique dans la même animalerie.
L’affaire retient l’attention parce qu’elle associe une zoonose classiquement liée aux rongeurs à un contexte moins attendu, celui d’animaux de compagnie. Les autorités sanitaires ont lancé des vérifications et une traçabilité autour du commerce concerné et de son approvisionnement.
Trois contaminations, une animalerie : les faits et l’enquête
Tout commence mi-janvier en Haute-Saône, lorsque trois jeunes adultes sont pris en charge en réanimation pour une leptospirose. Le 15 janvier, l’ARS Bourgogne–Franche-Comté confirme le signal : trois patients, âgés de 25 à 35 ans, hospitalisés pour une forme grave, avec un élément commun identifié lors de l’enquête sanitaire.
Selon l’ARS, les trois personnes avaient récemment acquis un rat de compagnie dans la même animalerie du département. Les rats sont décrits comme porteurs de la leptospirose, et le fait que les achats convergent vers un même point de vente oriente l’investigation vers la chaîne d’approvisionnement.
Le 16 janvier, l’affaire est rendue publique par France 3 Bourgogne–Franche-Comté. Les jours suivants, les reprises de la fin janvier indiquent que l’état des patients s’est amélioré après la prise en charge et qu’ils ont pu rentrer chez eux.
Les autorités déclenchent alors des mesures de gestion autour du commerce et de la filière : inspection du lieu d’achat, démarches auprès du fournisseur, et information des professionnels sur le territoire, notamment les vétérinaires, afin de repérer d’éventuels cas liés.
« Dès l’identification du signal, des mesures immédiates de gestion ont été mises en œuvre […] » (ARS Bourgogne–Franche-Comté).
L’ARS ne précise pas le mode exact d’exposition à l’origine des contaminations. L’origine de la contamination des rats n’est pas détaillée non plus : aucun élément public ne permet de trancher si elle s’est produite chez le fournisseur, pendant le transport ou au niveau du magasin. Les informations disponibles ne détaillent pas davantage le devenir des animaux concernés ni les éventuelles mesures prises sur le lot au moment de l’enquête.
La leptospirose, la “maladie du rat” : une infection rarement identifiée, parfois sévère
La leptospirose est une zoonose bactérienne causée par des bactéries du genre Leptospira. Elle est souvent appelée “maladie du rat” parce que les rongeurs — et notamment les rats — sont considérés comme un réservoir important de ces bactéries.
La transmission est classiquement décrite comme liée au contact avec des urines d’animaux infectés, directement ou via un milieu contaminé (eau, sol). D’autres animaux peuvent être concernés comme hôtes, dont des rongeurs sauvages (rats surmulots, ragondins), des animaux d’élevage (bovins, porcs) et certains animaux domestiques (chiens, chevaux). La morsure est citée comme une voie possible mais rare.
Sur le plan clinique, l’infection se manifeste le plus souvent par un tableau pseudo-grippal : fièvre élevée, maux de tête et courbatures. Ces signes peuvent apparaître dans un délai de 5 à 14 jours après l’infection, ce qui explique que la maladie soit parfois difficile à repérer rapidement.
Dans une partie des cas, l’évolution peut devenir sévère, avec des atteintes rénales, hépatiques ou pulmonaires (la maladie de Weil dans les formes les plus graves). Ces complications peuvent engager le pronostic vital, et les estimations évoquent une létalité variable, surtout dans les formes graves.
En France métropolitaine, la leptospirose est considérée comme rare mais en hausse : les ordres de grandeur cités ces dernières années tournent autour de 600 à 700 cas par an, soit environ 1 cas pour 100 000 habitants. Les taux sont nettement plus élevés dans certains territoires d’Outre-mer, avec une incidence rapportée comme 12 à 70 fois supérieure à celle de la métropole.
Depuis août 2023, la leptospirose figure en France parmi les maladies à déclaration obligatoire, un dispositif de surveillance destiné à repérer plus vite d’éventuels foyers inhabituels.
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Pourquoi un rat de compagnie peut être en cause : portage silencieux, filière, environnement
Un point revient dans les messages relayés par les autorités : un rongeur peut être infecté sans présenter de signes visibles. Cela signifie qu’un rat de compagnie peut paraître en bonne santé tout en étant capable de porter la bactérie responsable de la leptospirose.
« Les rongeurs infectés ne présentent aucun signe de maladie. Néanmoins les bactéries sont excrétées en continu dans leurs urines […] » (message relayé aux vétérinaires par les autorités sanitaires).
Dans l’épisode de Haute-Saône, l’enquête ne se limite pas aux propriétaires : elle se concentre aussi sur la filière. Les éléments disponibles font état d’une inspection du point de vente, d’une enquête de traçabilité et de vérifications autour du fournisseur. Le fait que les achats renvoient à une même animalerie oriente le travail vers un possible lot ou un maillon précis de la chaîne d’approvisionnement, sans que l’origine exacte soit, à ce stade, rendue publique.
Enfin, cet épisode rappelle un élément plus large : les leptospires circulent dans des milieux où l’on retrouve des rongeurs. La contamination humaine est classiquement associée à des environnements souillés par des urines d’animaux infectés. Un rat né et élevé en captivité est, en théorie, moins exposé que des rongeurs vivant dehors, mais la chaîne “élevage–transport–distribution” peut créer des points de contact avec des environnements à risque.
Rat domestique, rat urbain : ce que cette affaire change (et ce qu’elle ne prouve pas)
Quand on parle de leptospirose, le “rat” revient souvent dans le débat public, comme si tout se résumait à une seule situation. En réalité, il faut distinguer les contextes d’exposition : un rat urbain vit au contact d’environnements humides, souillés, et d’autres animaux, là où la circulation des leptospires est plus probable. Un rat domestique, élevé et détenu en captivité, évolue dans un cadre plus contrôlé, ce qui réduit en théorie certaines expositions.
Mais cette distinction ne doit pas créer un faux sentiment de sécurité. Un rongeur reste un rongeur : certaines infections peuvent être portées sans signe visible, et les bactéries responsables de la leptospirose sont classiquement associées aux urines d’animaux infectés et aux milieux contaminés. C’est précisément pour cela que les autorités insistent sur la traçabilité quand un cas sort de l’ordinaire : l’enjeu n’est pas de désigner un “coupable”, mais de comprendre où et quand l’exposition a pu se produire.
Ce que cette affaire change, c’est surtout la perception : beaucoup de Français associent la leptospirose à la “ville”, aux égouts, ou aux berges, et découvrent qu’un signal peut aussi concerner un animal de compagnie. En revanche, elle ne prouve pas qu’il existe un risque généralisé lié aux rats domestiques, ni que la maladie se transmettrait “facilement” dans ce contexte. Un événement isolé ne remplace pas des données épidémiologiques solides, et il ne doit pas nourrir d’amalgame entre rongeurs urbains et NAC.
En clair : la leptospirose reste une zoonose qui circule dans des milieux fréquentés par des rongeurs, et le niveau de risque dépend du contexte d’exposition. Le rôle de l’information publique, c’est de rappeler ces mécanismes sans transformer un signal en alerte permanente.





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