Piqûres de moustiques en janvier : ce qui se passe vraiment derrière ce “retour” en plein hiver

✍️ Auteur : Éliane Vasseur-Roche | 🗓️ Publié le : 21 janvier 2026 | ✏️ Mis à jour le : 22 janvier 2026

Des lecteurs nous écrivent qu’ils se sont fait piquer en plein mois de janvier, parfois alors qu’il gèle la nuit. Le réflexe, c’est de penser “moustique tigre”… mais, dans la majorité des cas, l’explication est ailleurs : redoux ponctuel, intérieur chauffé, caves et parkings, et quelques espèces capables de tenir l’hiver.

“Je me suis fait piquer cette semaine” : pourquoi l’hiver ne coupe plus toujours net

Le message arrive souvent avec une surprise sincère : “On est en janvier, comment c’est possible ?”. L’idée d’un hiver qui “éteint” les moustiques d’un coup est vraie… mais pas dans tous les cas, et pas partout. Quand la saison froide alterne coups de froid et redoux, certains moustiques ne disparaissent pas totalement : ils se mettent en pause, se cachent, puis peuvent se remettre en mouvement dès que les températures remontent, même sur une courte fenêtre.

Ce point est important : on ne parle pas d’un “retour” massif comme en été. On parle plutôt de moustiques déjà présents qui survivent à bas bruit, puis deviennent visibles au mauvais moment. Une soirée un peu plus douce, une pièce bien chauffée, une cave tempérée… et la piqûre arrive, donnant l’impression que “ça recommence”.

Autre confusion classique : piqûre ne veut pas dire moustique à tous les coups. En hiver, on confond vite. Les punaises de lit peuvent marquer en séries, souvent sur des zones exposées pendant le sommeil. Les puces se manifestent souvent vers les chevilles et les mollets, surtout s’il y a un animal. Et parfois, il s’agit simplement d’une réaction cutanée sans insecte identifié. Bref : la sensation est réelle, mais l’auteur n’est pas toujours celui qu’on imagine.

Enfin, concernant le moustique tigre : en France métropolitaine, il n’est normalement pas actif en hiver. Son cycle est très “verrouillé” : il passe la mauvaise saison sous forme d’œufs en diapause. En clair, voir un moustique en janvier ne signifie presque jamais qu’on a affaire à lui.

Redoux, intérieur chauffé, microclimats urbains : le cocktail qui réactive certains moustiques

Dans la majorité des signalements de janvier, le détail qui change tout, c’est le lieu : l’intérieur. Appartement chauffé, maison bien isolée, cage d’escalier tiède, garage, cave, parking souterrain, local technique… La température y reste souvent au-dessus de l’extérieur. Et quand on vit dans un endroit où il fait “20 degrés constants”, l’hiver n’a pas le même effet sur les insectes.

Certains moustiques sont justement très à l’aise dans ces ambiances. Ils profitent des espaces confinés, tempérés et peu dérangés. Une cave où traînent des cartons, un garage humide, un parking où l’air circule mal… Ce sont des endroits où un moustique peut passer la saison froide sans être exposé au gel, et ressortir dès qu’il trouve un humain à portée.

La ville, elle, rajoute une couche. Entre les îlots de chaleur urbains et les infrastructures (métro, galeries, sous-sols, chaufferies), certains secteurs gardent une douceur relative la nuit. Résultat : même quand dehors “c’est l’hiver”, il existe des micro-espaces où un moustique peut rester actif, et piquer.

Et puis il y a l’élément le plus banal : l’eau. Un moustique ne vit pas uniquement “en volant”. Une partie de sa vie dépend de petites accumulations d’eau. En hiver, on pense qu’il n’y en a plus… mais on en retrouve partout : regards pluviaux, caniveaux, gouttières bouchées, caves légèrement inondées, soucoupes de pots, fonds de seaux, flaques protégées du vent. Quand c’est à l’abri et que la température ne chute pas trop, une activité peut se maintenir.

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Quel moustique pique en janvier, et est-ce que ça change le risque ?

Quand on parle de piqûres en hiver, les suspects les plus fréquents ne sont pas des “moustiques exotiques” sortis de nulle part. On retrouve surtout le moustique commun : Culex pipiens. En ville, il existe aussi une forme très adaptée aux environnements souterrains, souvent associée aux caves, parkings et réseaux urbains : le biotype “molestus”.

Ce biotype explique beaucoup de scènes qui paraissent absurdes : se faire piquer en janvier, en appartement, sans fenêtre ouverte, ou en descendant au parking. Il peut rester actif toute l’année en intérieur, dès qu’il dispose d’un abri stable et d’un accès à l’humidité. Et comme il vit là où les humains passent régulièrement, il finit par trouver une occasion de piquer.

Il existe aussi des espèces capables de tolérer le froid et de mordre pendant les redoux : certaines Culiseta, et parfois des Anopheles selon les zones. Elles sont moins “connues” du grand public, mais elles font partie des explications possibles quand on parle de piqûres au cœur de l’hiver.

Sur la question du risque, le tableau n’est pas le même qu’en été. En janvier, le problème est d’abord celui de la nuisance : démangeaisons, sommeil perturbé, inconfort. Cela n’empêche pas de rester attentif, surtout si les piqûres se répètent, mais on n’est pas dans le même contexte de circulation saisonnière qu’en période estivale.

Éliane Vasseur-Roche

Analyste du secteur 3D (Désinsectisation, Dératisation, Désinfection) : Claire Moreau observe et analyse les tendances du marché de la lutte anti-nuisibles en France. Elle rédige des actualités sur les innovations techniques, les nouveaux acteurs du secteur, les études scientifiques récentes et les statistiques d'infestations publiées par les autorités. Son approche factuelle aide à comprendre les enjeux actuels de la gestion des nuisibles urbains.

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