Une locataire de 77 ans vient d’être expulsée de son HLM en région parisienne. La raison ? Elle nourrissait quotidiennement les pigeons sur son balcon, provoquant un véritable calvaire de voisinage.
Nourrir des pigeons, c’est souvent un geste simple, presque automatique : un peu de pain, quelques graines, et l’impression de rendre service à des oiseaux qu’on voit tous les jours en ville. Sauf qu’en immeuble, ce petit rituel ne reste pas toujours “petit” très longtemps. Les pigeons comprennent vite où revenir, les habitudes s’installent, et le balcon devient un point de rendez-vous qui finit par peser sur tout le voisinage. C’est exactement ce que raconte une affaire récente, où ce geste a déclenché une mécanique bien plus lourde que prévu.
Le cas qui déclenche tout : du nourrissage au tribunal, puis à l’expulsion
Tout commence par un geste répété, banal en apparence : nourrir des pigeons depuis un balcon. Dans cette résidence de logement social (HLM) en région parisienne, les habitudes s’installent, les oiseaux reviennent, puis se fixent. Très vite, ce nourrissage n’est plus perçu comme une excentricité isolée : il devient, pour les voisins et le bailleur, un problème collectif, avec une réalité concrète qui s’impose au quotidien.
Le dossier permet de reconstituer une montée en tension en plusieurs étapes. La locataire, arrivée dans les lieux via un bail signé en février 2018, est d’abord rappelée à l’ordre de façon formelle : un premier avertissement lui ordonne de cesser le nourrissage en octobre 2021, puis une mise en demeure suit en mai 2022. Malgré ces signaux, la situation ne se résorbe pas, et le conflit bascule franchement à l’automne : en octobre 2022, des voisins se regroupent et déposent une pétition (17 signataires) décrivant un balcon devenu point de rassemblement, avec une présence de pigeons décrite comme quotidienne. Dans la foulée, un constat d’huissier vient figer la scène : présence d’oiseaux attirés sur place, aménagements/objets sur le balcon, et un environnement marqué par les salissures.
Sur le fond, ce qui est reproché n’est pas “d’aimer les animaux”, mais d’avoir créé — par un comportement persistant — un trouble de jouissance pour les autres occupants. Les nuisances mises en avant sont classiques dès que des pigeons se sédentarisent sur une façade : fientes qui s’accumulent et débordent sur les balcons proches, odeurs, bruit (roucoulements, agitation), et un contexte d’insalubrité considéré comme incompatible avec la vie en immeuble. Le bailleur s’appuie aussi sur le cadre interne : le règlement interdit de nourrir des animaux depuis le logement, et la locataire est tenue d’un usage paisible des lieux.
La procédure finit par se jouer devant le juge. En mars 2023, la justice prononce la résiliation du bail. La locataire fait appel, en contestant sa responsabilité et en expliquant qu’elle se dit elle-même affectée par les pigeons. Mais en décembre 2025, la décision est confirmée en appel : les troubles sont jugés établis, répétés, et la cour retient notamment que les oiseaux se concentraient principalement sur son balcon, signe d’un point d’ancrage entretenu. Malgré son âge (77 ans), aucune “parenthèse” n’est accordée : l’affaire se termine sur une expulsion validée, et un message net sur la façon dont un nourrissage qui s’enracine peut être traité quand il devient un problème de nuisibles en habitat collectif.
Dégâts et coûts : ce que “quelques pigeons” font à un immeuble
Au début, ça peut ressembler à “trois pigeons sur un rebord”. Sauf qu’un point de nourrissage régulier change tout : les oiseaux reviennent, se fixent, et l’immeuble se retrouve avec une présence permanente. Dans le dossier, les voisins décrivent environ une dizaine de pigeons attirés au quotidien sur le même balcon. Et quand ça dure, ce n’est plus un détail : c’est une nuisance qui déborde sur les balcons autour, la façade, les garde-corps.
Le premier signal, c’est ce que tout le monde voit et sent : fientes qui s’accumulent, surfaces qui restent sales, odeurs qui finissent par s’installer, et un quotidien qui devient pénible. Un habitant d’un immeuble infesté l’explique sans détour : « On est envahi… On a toujours peur de prendre une fiente sur la tête en sortant, et le matin le roucoulement nous réveille à 5 h 30… » Ce genre de phrase, c’est souvent le moment où un sujet “d’oiseaux” bascule en vrai conflit d’immeuble.
Ensuite, il y a la partie moins visible mais plus lourde : la dégradation matérielle. Les éléments techniques cités dans la recherche rappellent que les déjections sont corrosives et qu’à force elles peuvent attaquer la pierre, le métal et même le béton. Quand les pigeons se concentrent toujours au même endroit, la pression se répète sur les mêmes zones, et ce qui devait être “juste du nettoyage” peut finir par abîmer le bâti.
Sur l’argent, le dossier dit deux choses. D’abord : dans ce cas précis, aucun chiffrage public détaillé n’est donné (nettoyage, remise en état, interventions). Ensuite : il existe des repères dans des dossiers comparables cités dans la recherche, où les remises en état de façade ont dépassé 103 000 €. Et c’est là que la logique des bailleurs et syndics devient plus dure, avec une ligne rouge assumée : « Ce n’est pas acceptable au niveau de l’hygiène ».
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Un phénomène urbain encadré : interdictions, sanctions et réponses pour éviter l’escalade
En ville, nourrir les pigeons n’est pas une simple habitude tolérée “tant que ça ne gêne personne”. Dans beaucoup de communes, c’est interdit au nom de la salubrité et de la propreté, avec des sanctions qui existent déjà sur le papier : une amende forfaitaire autour de 68 €, pouvant aller jusqu’à 450 €. Le cadre est aussi présenté comme plus strict depuis 2023, avec une référence au Code de la santé publique sur l’interdiction du nourrissage incontrôlé. Derrière ces lignes, il y a une idée très simple : dès que l’alimentation “fixe” les oiseaux au même endroit, les nuisances ne restent pas chez une seule personne, elles se déplacent sur tout l’immeuble.
Les précédents montrent que ce type de conflit n’est pas une exception. À Saint-Cloud, un dossier ancien a déjà mené à une décision d’appel en 2008, après des années de tensions autour des pigeons en HLM. À Sète (2017), l’affaire a aussi pris une dimension nationale, avec copropriété, procédure et mobilisation. Plus récemment, d’autres récits médiatisés évoquent un “cauchemar” similaire à Nice, alimenté pendant 15 ans, et même un cas à Genève en 2023 où un locataire de 90 ans était menacé. Dans ces dossiers, la ligne “implacable” du voisinage et des gestionnaires revient souvent sous la même forme, comme l’a résumé un syndic : « On ne peut pas se poser en victime quand on n’a pas cessé de troubler le voisinage. »
Côté réponses, deux niveaux se distinguent. Dans un immeuble, la logique “nuisibles” commence par un point qui fâche mais qui change tout : tant que le nourrissage continue, les pigeons reviennent. Les solutions techniques (pics, filets, câbles) peuvent limiter la pose et contenir une partie des dégâts, mais elles ont des limites si le point d’attraction reste actif. À l’échelle de la ville, des stratégies plus structurées existent, avec des pigeonniers contraceptifs cités dans des villes comme Paris, Grenoble ou Lyon. Pour situer l’ampleur, certaines estimations évoquent environ 80 000 pigeons à Paris, et des chiffres municipaux relayés parlent d’environ 8 000 captures par an à Lyon. Et l’enjeu est aussi économique : des dossiers comparables mentionnent des remises en état de façade qui dépassent 103 000 €. C’est aussi ce qui durcit les positions, avec des phrases assumées comme celle rapportée côté bailleur : « Ce n’est pas acceptable au niveau de l’hygiène ».
Enfin, des méthodes plus “douces” sont aussi mises en avant dans le débat public, y compris à l’étranger, comme l’illustre ce titre cité : « Pour lutter contre les pigeons, Barcelone installe des distributeurs de graines contraceptives ». De quoi rappeler que, derrière le conflit, la question reste la même partout : comment contrôler une population urbaine sans laisser un immeuble s’abîmer et un voisinage exploser.





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