Rats à Marignane : la mairie mise sur une distribution d’appâts empoisonnés aux habitants face à la prolifération

✍️ Auteur : Solution Nuisible | 🗓️ Publié le : 2 février 2026

À Marignane, la mairie distribue gratuitement des appâts raticides ce samedi matin, pour aider les habitants confrontés aux rats et renforcer l’action sur l’espace public. Mais que remet-on exactement, avec quelles précautions et quel suivi ? Et surtout, cette mesure ponctuelle peut-elle peser sans un vrai travail sur les déchets, la propreté et les points d’accès ?

Une opération gratuite pour armer les particuliers contre les rats

Marignane (Bouches-du-Rhône). Ce samedi matin, la Ville de Marignane a convié ses habitants à une drôle de collecte : entre 9h et midi, chacun pouvait venir retirer gratuitement des “produits anti-nuisibles” – en réalité des appâts raticides – sur le parking du Centre Technique Municipal. Objectif affiché : permettre aux riverains confrontés aux rongeurs d’agir eux-mêmes à domicile, en complément des campagnes menées sur l’espace public.

Concrètement, un stand municipal distribuait des sachets d’appât empoisonné aux personnes s’étant signalées comme “concernées” par des rats chez elles. « Si vous avez repéré des rongeurs à votre domicile, venez récupérer gratuitement de quoi traiter », annonçait la mairie dans sa communication.

L’initiative, inédite dans la commune, fait suite à plusieurs actions ciblées de la Ville contre les rats. En septembre et octobre derniers, deux sessions de distribution gratuite d’appâts avaient déjà eu lieu sur le même principe. En parallèle, Marignane avait testé l’utilisation de furets pour chasser les rats de ses égouts – une méthode non conventionnelle expérimentée fin 2025.

La distribution du 31 janvier s’inscrit donc dans une stratégie à multiples facettes : traiter les réseaux publics tout en équipant les particuliers pour traiter l’intérieur des propriétés privées. La mairie ne précise pas le type exact de produit remis (probablement un anticoagulant classique, du type bromadiolone) ni la quantité par foyer.

On sait seulement que les appâts étaient fournis « gratuitement » et que les habitants se sont déplacés en nombre pour en bénéficier, signe d’une demande bien réelle face à la nuisance.

Pourquoi une telle mesure ? Prolifération persistante et habitants à bout

Depuis plusieurs mois, la pression des rats s’est accentuée à Marignane, commune d’environ 34 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Marseille. Des secteurs comme le centre-ville ancien et les abords du parc Camoin concentrent des signalements récurrents. Fin 2024, une pétition a circulé pour demander un renforcement des actions, signe d’un ras-le-bol grandissant.

Le sujet est devenu sensible localement. Début 2025, la mairie a assuré prendre le problème « très au sérieux » et dit multiplier les actions, tout en rappelant que la dératisation et une partie de la gestion des déchets relèvent de la Métropole, la commune affirmant rester mobilisée (signalements transmis, dispositifs testés). Malgré des dératisations régulières et des efforts de nettoyage, la situation ne s’est pas résorbée en 2025. La mairie pointe notamment les dépôts sauvages et le non-respect des jours de collecte, qui maintiennent des sources de nourriture. Le contexte local (proximité de l’étang, canaux) et de possibles travaux ont aussi pu déplacer des colonies et accroître leur visibilité. À l’automne, le maire Éric Le Dissès a opté pour une réponse plus visible : après l’essai de furets dans les égouts en septembre 2025, la municipalité a choisi d’impliquer directement les particuliers via la distribution d’appâts, présentée comme un renfort rapide. L’accueil oscille entre soulagement et scepticisme sur la capacité à tenir dans la durée.

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Une mesure efficace ? Un « coup de massue » ponctuel aux effets limités

Distribuer des appâts raticides à grande échelle peut produire un effet rapide, mais les experts jugent la mesure utile sans être suffisante. Du côté de la mairie, on se félicite d’avoir « donné les moyens d’agir » aux habitants : en impliquant les particuliers, on touche aussi les propriétés privées où les équipes municipales n’interviennent pas, ce qui élargit le front et peut, à court terme, contribuer à faire baisser les observations dans les zones ciblées.

Cependant, les professionnels de la dératisation le soulignent : cette méthode n’est pas une solution miracle. Son efficacité dépend étroitement de la manière dont les appâts seront utilisés et de l’environnement global. Or, laisser la main à des usagers non formés comporte des aléas : si des sources de nourriture restent facilement accessibles (déchets, restes alimentaires), l’appât peut être moins attractif, et une utilisation inadaptée peut laisser des foyers actifs.

Autre limite : les réinfestations. En milieu urbain dense, la disparition d’une partie des rats ne suffit pas si les conditions qui les attirent restent inchangées. Les spécialistes rappellent qu’une distribution ponctuelle ne tient dans la durée que si elle s’inscrit dans une stratégie plus large, combinant prévention, propreté et interventions coordonnées sur un périmètre cohérent.

À Marignane, la mairie met en avant un point positif : des actions menées en parallèle sur la voirie et dans les égouts des « zones signalées », susceptibles de renforcer l’effet de la distribution. Reste un enjeu de moyen terme : des travaux et la littérature technique évoquent des résistances aux anticoagulants dans certaines populations de rats, un risque qui grandit lorsque les campagnes se répètent sans stratégie de fond.

« on agit concrètement, avec vous ». Les experts tempèrent : « attention aux effets secondaires et à l’illusion d’une solution miracle ». La vérité se situe entre les deux. La distribution d’appâts peut faire une différence à court terme, mais sans stratégie globale, elle devra être renouvelée sans garantie de résultat durable.

Ce que dit la loi : entre pouvoir de police du maire et usage encadré des poisons

Voir une mairie remettre du poison à ses administrés peut surprendre, mais la pratique n’est pas illégale en soi. Le Code général des collectivités territoriales confie au maire la salubrité publique (article L.2212-2) et l’autorise à prendre des mesures proportionnées en cas d’invasion de nuisibles menaçant la santé publique.

Historiquement, des communes distribuaient déjà des sachets de « mort-aux-rats ». Aujourd’hui, cela reste possible, à condition de respecter la réglementation biocide. Depuis la loi EGALIM de 2018, la vente en libre-service des raticides les plus toxiques est interdite aux non-professionnels : seuls des produits grand public, à plus faible concentration et en petits conditionnements, peuvent être utilisés par des particuliers.

Les appâts modernes reposent sur des anticoagulants (bromadiolone, difénacoum, brodifacoum, etc.), soumis à des restrictions. Par exemple, la bromadiolone à 25 ppm est autorisée pour le grand public, mais pas au-delà. On ignore le produit exact remis à Marignane, mais il est très probable qu’il s’agisse d’un rodenticide homologué pour un usage amateur, et non d’un produit professionnel (qui impliquerait un applicateur certifié).

Reste un point clé : la commune endosse un devoir d’encadrement. D’autres collectivités, comme le Bassin d’Arcachon, distribuent un sachet par foyer « par du personnel formé », avec une notice. À Marignane, aucune notice n’est mentionnée : on peut toutefois supposer des rappels de sécurité sur place. Le maire n’a pas pris d’arrêté coercitif : il privilégie une prévention incitative, en misant sur un usage responsable par les habitants.

Propreté et prévention : les autres armes indispensables contre les rats

Le cas de Marignane montre qu’on ne réduit pas durablement les rats avec une seule action. Les rongeurs s’installent là où ils trouvent nourriture et refuges : sans travail sur ces facteurs, les effets d’une opération ponctuelle s’estompent vite.

Les autorités sanitaires et environnementales défendent une logique de lutte intégrée : hygiène, limitation des accès, puis traitement chimique seulement en dernier recours. Dans cet esprit, la mairie dit renforcer la lutte contre les dépôts sauvages et la verbalisation des incivilités, pour réduire l’attractivité de certains secteurs (sacs éventrés, déchets accessibles, restes alimentaires).

Elle rappelle aussi des consignes aux habitants : « Ne jetez pas de nourriture… Déposez vos ordures dans des sacs fermés… ». L’enjeu est de limiter les ressources faciles qui entretiennent les colonies.

Autre levier, la “dératisation passive” : empêcher l’installation (points d’entrée à colmater, ouvertures à protéger, caves et locaux poubelles entretenus). Et côté réseaux, la Métropole reste un acteur clé (égouts, interventions sur le souterrain), que Marignane dit solliciter régulièrement.

Enfin, la commune peut diversifier : elle a déjà testé les furets chasseurs ; ailleurs, certaines villes misent sur des pièges mécaniques modernes ou des solutions de stérilisation, plus lentes et coûteuses mais pouvant réduire l’usage de poisons. L’ANSES encourage d’ailleurs à diversifier les méthodes pour limiter l’empoisonnement diffus.

Au final, la distribution d’appâts relève d’une mesure d’urgence ; pour tenir, elle doit s’adosser à un travail continu sur déchets, accès et coordination. La lutte contre les nuisibles urbains reste un effort collectif, entre mairie, métropole et habitants.

Solution Nuisible

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