Saint-Marcel installe six nichoirs autour des écoles : le pari mésanges face aux processionnaires

✍️ Auteur : Éliane Vasseur-Roche | 🗓️ Publié le : 13 février 2026

À Saint-Marcel (Eure), la mairie annonce ce début 2026 l’installation de six nichoirs près des écoles, avec l’objectif affiché de limiter la présence des chenilles processionnaires du pin dans ces secteurs.

La Ville de Saint-Marcel teste une piste fondée sur la biodiversité face à un nuisible suivi de près autour des espaces fréquentés. Selon la communication municipale, six nichoirs ont été installés à proximité des écoles pour favoriser l’installation d’oiseaux insectivores, notamment des mésanges, présentées comme des prédatrices de larves. L’initiative vise à réduire la pression locale sans recourir à des interventions lourdes dans l’environnement scolaire. Reste la question centrale de toute expérimentation : l’occupation réelle des nichoirs et la mise en place d’un suivi permettront-elles d’apprécier un effet observable sur la saison, au-delà de l’intention affichée.

À Saint-Marcel, une expérimentation lancée autour des écoles : six nichoirs installés

À Saint-Marcel (Eure), la mairie annonce une mesure ciblée sur les secteurs scolaires : six nichoirs ont été installés à proximité des écoles pour tenter de limiter la présence des chenilles processionnaires du pin dans ces zones de passage. Le périmètre choisi n’est pas anodin. Autour d’un établissement, la moindre présence de processionnaires devient vite un sujet de sécurité et d’organisation, parce que les flux d’enfants et de parents rendent l’exposition plus probable et plus visible.

L’annonce municipale met en avant un dispositif simple à vérifier et facile à comprendre : un chiffre (six), un lieu (les écoles) et un objectif (réduire la pression du nuisible à cet endroit précis). La commune présente l’initiative comme une expérimentation, ce qui suppose une approche dans le temps plutôt qu’une réponse immédiate. Autrement dit, la promesse n’est pas de “faire disparaître” la processionnaire, mais de tenter de réduire la pression autour d’espaces très fréquentés.

Ce choix intervient dans un contexte où de plus en plus de collectivités cherchent des options qui restent compatibles avec les contraintes des lieux publics, en particulier lorsqu’il s’agit d’espaces fréquentés quotidiennement. Pour Saint-Marcel, l’enjeu est aussi d’éviter que le sujet se résume à des réactions ponctuelles : l’annonce installe une logique d’action, à défaut de garantir un résultat à court terme.

Les prochains éléments attendus sont concrets : les nichoirs seront-ils occupés, et la commune prévoit-elle un suivi permettant de décrire l’évolution autour des écoles au fil de la saison (observations, temporalité, bilan) ? C’est ce point qui permettra de juger la portée réelle de l’expérimentation au-delà de l’annonce.

Pourquoi les écoles d’abord : un périmètre sensible face au risque des poils urticants

Si la commune commence par les écoles, c’est parce que ces sites concentrent un risque qui dépasse la simple présence d’un insecte : celui des poils urticants associés aux chenilles processionnaires. Dans un environnement scolaire, la fréquentation est quotidienne, les espaces verts sont au contact direct des entrées, des clôtures, des chemins et parfois des cours, et l’exposition peut concerner aussi bien les enfants que les adultes (parents, personnels, riverains). C’est ce type de lieu où l’on cherche à réduire au maximum la probabilité d’un contact, même indirect, avec un nuisible urticant.

Le sujet est d’autant plus sensible que les poils peuvent provoquer des réactions inflammatoires après contact avec la peau, les yeux ou en cas d’inhalation, et que la présence d’un nid ou d’une procession au sol à proximité d’un établissement suscite rapidement des remontées et des inquiétudes. Dans les écoles, la perception du risque est amplifiée par la densité d’usage : des dizaines à des centaines de passages sur des itinéraires fixes, à heures régulières, sur des zones parfois bordées de pins.

Le périmètre scolaire est aussi un choix de gestion. Il est plus simple pour une mairie d’agir sur des secteurs identifiés, qu’elle maîtrise, et d’y concentrer une mesure annoncée comme une expérimentation. “Autour des écoles” constitue un terrain délimité où l’on peut observer ce qui se passe au fil de la saison, sans disperser l’action sur toute la commune.

Enfin, ce ciblage répond à un enjeu de responsabilité publique. Là où l’exposition aux poils urticants peut entraîner des incidents et des perturbations d’usage, une collectivité a tout intérêt à montrer qu’elle priorise les sites les plus sensibles. Reste le point clé : la commune expliquera-t-elle comment elle suivra l’évolution sur ces secteurs (occupation des nichoirs, observations de terrain, temporalité) pour mesurer si l’initiative contribue réellement à réduire la pression locale ?

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La réponse choisie : favoriser les mésanges, une piste de régulation “naturelle”

Si la mairie met en avant les mésanges, ce n’est pas au hasard : ce sont des oiseaux insectivores, connus pour consommer une grande quantité de petites proies au moment où ils nourrissent leurs jeunes. Dans la logique affichée par la commune, installer des nichoirs près des écoles revient à rendre le secteur plus favorable à leur présence, et donc à augmenter la probabilité qu’elles chassent dans le périmètre concerné.

L’argument est double. D’abord, c’est une mesure qui s’inscrit dans une approche dite “biodiversité”, généralement mieux acceptée dans l’espace public, en particulier autour d’établissements scolaires : pas d’intervention intrusive annoncée, pas de discours technique, un dispositif visible et facile à expliquer. Ensuite, la mairie associe les mésanges à une idée de régulation : agir en amont, par la prédation, plutôt que de se limiter à des réactions ponctuelles lorsqu’un épisode devient visible.

Il faut toutefois garder une lecture prudente de ce choix. Favoriser les mésanges ne signifie pas “cibler” uniquement les processionnaires : les oiseaux se nourrissent d’un ensemble d’insectes disponibles, selon la saison et le milieu. L’effet attendu dépend donc d’éléments très concrets : nichoirs réellement occupés, présence des oiseaux au bon moment, configuration des lieux, et intensité de la pression locale. Autrement dit, le dispositif crée un cadre favorable, mais il ne garantit pas à lui seul une baisse immédiate ou mesurable des processionnaires.

La vraie question, derrière le choix des mésanges, est celle du suivi. La commune indiquera-t-elle si les nichoirs sont occupés, et comment elle reliera cette occupation à des observations autour des écoles ? C’est ce qui permettra d’apprécier si l’expérimentation se traduit par un effet perceptible ou si elle reste surtout un signal politique et pédagogique.

Ce que l’initiative peut changer — et ce qu’elle ne garantit pas : résultats attendus, limites, suivi

À ce stade, l’annonce de Saint-Marcel pose surtout une question de mesure : qu’est-ce qui permettra de dire, dans quelques semaines, si ces six nichoirs ont eu un effet autre que symbolique autour des écoles ? La piste est cohérente sur le papier — favoriser des insectivores — mais l’impact ne peut pas être présumé sans éléments de suivi, surtout face à un nuisible dont la présence varie fortement selon les années et les micro-zones.

La première limite est mécanique : des nichoirs n’apportent rien si la fréquentation par les oiseaux ne suit pas. Même occupés, ils ne “ciblent” pas une seule espèce : les mésanges consomment ce qu’elles trouvent, selon la saison, la météo et l’abondance de proies. Autrement dit, l’initiative peut contribuer à une régulation locale, mais elle ne garantit ni une baisse immédiate, ni une disparition des processionnaires, ni une protection uniforme d’un site à l’autre.

Pour juger l’expérimentation, les indicateurs attendus sont simples et publics : nichoirs occupés ou non, calendrier d’occupation, et constats de terrain autour des écoles (présence de nids, observations de processions au sol, zones concernées). Un point clé est la comparaison : la commune dispose-t-elle d’un état de référence (ce qui était observé les années précédentes sur les mêmes secteurs) pour éviter de confondre “amélioration” et simple variabilité naturelle ?

Enfin, la crédibilité de la démarche tiendra à la façon dont elle sera racontée : une communication qui assume l’incertitude, annonce un bilan et publie des éléments vérifiables évite l’écueil de la “solution miracle”. C’est ce cadre — transparence, suivi, bilan — qui dira si Saint-Marcel lance une action durable ou une réponse ponctuelle.

Éliane Vasseur-Roche

Analyste du secteur 3D (Désinsectisation, Dératisation, Désinfection) : Claire Moreau observe et analyse les tendances du marché de la lutte anti-nuisibles en France. Elle rédige des actualités sur les innovations techniques, les nouveaux acteurs du secteur, les études scientifiques récentes et les statistiques d'infestations publiées par les autorités. Son approche factuelle aide à comprendre les enjeux actuels de la gestion des nuisibles urbains.

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