Une découverte inhabituelle intrigue les chercheurs à Porto, au Portugal. À quelques mois d’intervalle, deux araignées rarement associées au continent européen ont été identifiées dans la ville.
Leur présence attire l’attention, car l’espèce concernée est connue pour son venin potentiellement dangereux et son origine sud-américaine. Les spécialistes restent toutefois prudents : les observations sont encore limitées, et plusieurs questions demeurent sur son arrivée comme sur l’ampleur réelle de sa présence.
Deux spécimens découverts à Porto à quelques mois d’intervalle
La présence de la recluse du Chili à Porto repose pour l’instant sur deux observations distinctes. Le premier spécimen de cette araignée, connue sous le nom scientifique Loxosceles laeta, a été repéré en septembre 2025 sur un mur du Campo dos Mártires da Pátria, dans la ville portugaise.
Quelques mois plus tard, en janvier 2026, un second individu a été récupéré dans un piège collant. Cette nouvelle découverte a confirmé que l’espèce avait bien été documentée à Porto, sans permettre pour autant d’affirmer qu’elle serait installée largement ou durablement au Portugal.
Cette double identification suffit à expliquer la vigilance des chercheurs. Elle montre qu’une araignée normalement associée à l’Amérique du Sud a été observée dans un environnement urbain européen. À ce stade, l’enjeu est surtout de savoir si ces deux cas restent isolés ou s’ils révèlent une présence plus étendue, encore à vérifier.
Une araignée sud-américaine au venin potentiellement dangereux
La recluse du Chili n’est pas une espèce habituellement présente en Europe. Son aire d’origine se situe en Amérique du Sud, notamment au Chili, en Argentine et au Brésil. C’est cette origine lointaine qui rend son identification à Porto particulièrement suivie.
L’espèce est considérée comme l’une des araignées les plus préoccupantes sur le plan médical. Son venin peut provoquer, dans de rares cas, de graves lésions cutanées nécessitant une prise en charge médicale. Ce potentiel explique l’attention portée à sa découverte, même si les éléments rapportés ne permettent pas de parler d’alerte sanitaire.
Les spécialistes rappellent en effet que cette araignée est réputée discrète et craintive. Elle évite généralement le contact avec l’être humain, ce qui limite le risque de morsure. Sa présence documentée à Porto interpelle donc les chercheurs, mais elle doit être interprétée avec prudence, sans conclure à un danger immédiat pour la population.
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Une surveillance renforcée pour comprendre son arrivée et son implantation
L’origine exacte de la présence de la recluse du Chili à Porto n’est pas encore établie. Les chercheurs privilégient toutefois la piste d’une introduction accidentelle liée au commerce international, l’espèce ayant déjà été observée hors de son aire d’origine après avoir voyagé dans des marchandises transportées.
Ce scénario reste une hypothèse, mais il éclaire l’un des enjeux de cette découverte. Une araignée discrète peut passer inaperçue lors de déplacements de biens, notamment lorsqu’elle se réfugie dans des zones peu visibles. Cette circulation involontaire fait partie des explications étudiées par les scientifiques.
Pour l’instant, aucune certitude ne permet de dire si la présence de l’espèce se limite à Porto ou si d’autres spécimens ont pu apparaître ailleurs au Portugal. Des investigations doivent donc permettre de mesurer l’ampleur réelle de cette observation, entre découverte isolée et implantation plus large encore à confirmer.
Ne pas confondre avec la recluse méditerranéenne déjà présente en Europe
La découverte de la recluse du Chili à Porto ne doit pas être confondue avec la présence, beaucoup plus ancienne, de la recluse méditerranéenne. Cette autre araignée du genre Loxosceles, connue sous le nom scientifique Loxosceles rufescens, est présente en Europe depuis longtemps.
La nuance est importante, car les deux espèces présentent des ressemblances. Cette proximité peut compliquer l’identification, surtout pour un public non spécialiste, et expliquer pourquoi les chercheurs restent attentifs aux signalements comme aux confusions possibles autour de ces araignées discrètes.
Un précédent survenu au Portugal en 2023 illustre cette vigilance. Cette année-là, une femme de 48 ans avait été mordue à la nuque par une recluse méditerranéenne dans un parc. Ses symptômes s’étaient aggravés dans les 24 heures, avec notamment des maux de tête, une sensation fébrile, de la fatigue, puis l’apparition d’une nécrose cutanée avec érythème au niveau de la lésion.
La patiente avait été hospitalisée pendant 16 jours avant de pouvoir rentrer chez elle, avec des complications cutanées rapportées. Ce cas rappelle les risques associés au genre Loxosceles, mais il ne doit pas être présenté comme une morsure de recluse du Chili.






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