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Haricots, tomates, maïs : des chenilles ravageuses inquiètent les filières de légumes

✍️ Auteur : Éliane Vasseur-Roche | 🗓️ Publié le : 8 juillet 2026

Dans certaines parcelles de légumes, la menace peut tenir en quelques chenilles seulement. Haricots, tomates ou encore maïs sont désormais suivis de près par une filière agricole confrontée à des dégâts de plus en plus difficiles à anticiper.

Depuis plusieurs saisons, les producteurs observent une évolution préoccupante autour de certains papillons ravageurs. Leurs vols apparaissent plus tôt, touchent plusieurs cultures et poussent les acteurs de l’agroalimentaire à s’organiser. Une expérimentation menée dans le Sud-Ouest illustre cette mobilisation, alors que les conséquences peuvent dépasser largement le cadre des champs.

Des cultures de haricots, tomates et autres légumes sous pression

La pression exercée par certains papillons ravageurs ne concerne plus une seule production. Haricots verts, tomates, maïs, choux ou salades figurent parmi les cultures exposées aux dégâts provoqués par leurs chenilles.

À Meilhan-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne, cette inquiétude se vérifie sur des parcelles de haricots verts. L’agriculteur et viticulteur Fabien Tarascon participe à une expérimentation consacrée au piégeage de l’heliothis, un papillon de la famille des lépidoptères aussi appelé noctuelle de la tomate. Ce sont ses chenilles, au stade larvaire, qui provoquent les dégâts observés sur les cultures.

Sur une partie de ses terres laissée sans traitement, des pièges diffusant des phéromones ont été installés afin de suivre l’activité du ravageur. Le test doit notamment permettre d’observer des vols que les acteurs de terrain décrivent comme plus fréquents.

Piège à insectes dans champ agricole

Dans les parcelles, cette surveillance intervient avant même l’apparition visible des gousses. Pour les filières de légumes en conserve et surgelés, l’enjeu dépasse le seul champ touché : ces chenilles peuvent affecter plusieurs cultures et fragiliser une production destinée à toute une chaîne agroalimentaire.

Quelques chenilles peuvent rendre une récolte inutilisable

Les dégâts observés sur les légumes montrent à quel point la présence de ces chenilles peut peser sur une production. Sur les haricots, les attaques se traduisent notamment par des perforations visibles sur les gousses. Ces marques compromettent la qualité attendue pour des légumes destinés à la transformation.

Dégâts sur les gousses de haricot

Le problème ne s’arrête pas à l’aspect extérieur. Selon les éléments rapportés par la filière, les haricots touchés peuvent aussi présenter une décoloration, devenir impropres à la consommation et voir leur goût altéré. Une récolte pourtant cultivée jusqu’au bout peut ainsi perdre sa valeur au moment de l’évaluation.

Dans le Sud-Ouest, l’impact peut devenir lourd pour les producteurs. Certaines années, entre 50 et 200 hectares peuvent être abandonnés en raison de ces insectes. Une faible présence de chenilles peut donc suffire à bloquer une production entière, avec des répercussions qui se prolongent jusqu’aux sites industriels.

Lorsque la récolte manque ou ne répond plus aux critères attendus, les usines de transformation sont elles aussi touchées. Les haricots doivent être blanchis dans les heures suivant leur ramassage, notamment sur les sites de Sainte-Livrade et de Castelmoron-sur-Lot cités dans la source. En cas de mauvaise récolte, l’activité peut être perturbée au point de forcer certains sites à fermer plusieurs jours.

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Une filière qui s’organise face à un ravageur favorisé par le climat

Le phénomène dépasse désormais le cadre d’une alerte locale. Présent majoritairement dans le Sud, où la tomate faisait partie de ses cultures ciblées, l’heliothis est aussi signalé plus au nord, notamment en Bretagne, sur des cultures comme les choux ou les salades. Cette progression élargit le périmètre des productions exposées.

Selon les acteurs de la filière, le dérèglement climatique favorise l’intensité des vols de ce papillon ravageur. Il y a une dizaine d’années, ces vols étaient plutôt constatés en septembre. Aujourd’hui, ils peuvent apparaître dès le mois de juin, ce qui modifie la période de surveillance des cultures et complique l’anticipation des dégâts.

Face à cette évolution, la filière des légumes en conserve et surgelés s’est organisée autour du plan Acompli. Lancé sur cinq ans, ce programme mobilise un budget de 5,7 millions d’euros et concerne 14 cultures. Il vise à mieux comprendre la manière dont ces ravageurs s’installent, se déplacent et réagissent aux conditions climatiques.

Cette mobilisation intervient aussi dans un contexte d’incertitude pour les producteurs. Deux molécules insecticides sur trois utilisées contre ces ravageurs sont menacées de retrait en 2029. Pour les représentants de la filière, l’enjeu est désormais collectif : préserver des cultures déjà fragilisées, tout en renforçant l’observation d’un ravageur devenu un problème national.

Éliane Vasseur-Roche

Analyste du secteur 3D (Désinsectisation, Dératisation, Désinfection) : Claire Moreau observe et analyse les tendances du marché de la lutte anti-nuisibles en France. Elle rédige des actualités sur les innovations techniques, les nouveaux acteurs du secteur, les études scientifiques récentes et les statistiques d'infestations publiées par les autorités. Son approche factuelle aide à comprendre les enjeux actuels de la gestion des nuisibles urbains.

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