Depuis le printemps, des promeneurs des Hauts-de-France voient apparaître des boutons rouges, des démangeaisons ou des irritations après leur passage dans certaines zones boisées. Le phénomène se concentre notamment dans l’Oise, où la présence des chenilles processionnaires du chêne s’est révélée particulièrement importante cette année.
Leur population a atteint un pic au mois de juin, selon Fredon Hauts-de-France, organisme chargé de la protection de l’environnement et de la santé. Si ces chenilles connaissent régulièrement des phases de forte progression, l’ampleur observée cette année dépasse celle habituellement associée à leur cycle naturel. Les conditions météorologiques récentes ont notamment accentué un phénomène dont les conséquences ne restent pas limitées aux arbres touchés.
Une prolifération particulièrement marquée dans l’Oise
Les chenilles processionnaires du chêne ont été particulièrement nombreuses cette année dans les Hauts-de-France. D’après Fredon Hauts-de-France, leur population a culminé en juin, après une apparition dès le mois de mars.
La situation varie toutefois selon les territoires. Le Nord-Pas-de-Calais a été moins touché, tandis que l’Oise a connu une présence beaucoup plus marquée. Cette différence place le département parmi les secteurs les plus concernés par le phénomène au cours du printemps et du début de l’été.
Cette progression s’inscrit en partie dans un cycle naturel. Selon Margot Degezelle, responsable de la préservation du patrimoine naturel et de la gestion des risques hygiène et sécurité à Fredon Hauts-de-France, les populations connaissent une forte hausse environ tous les quatre ans.
L’épisode observé cette année apparaît néanmoins plus intense. Le climat favorable et les plantations de chênes ont, selon l’organisme, renforcé cette hausse déjà attendue dans le cadre du cycle de l’espèce.
La période de présence ne correspond pas entièrement à la période de risque. Les chenilles apparaissent au mois de mars, mais leurs poils ne deviennent urticants qu’à partir de la mi-mai. Ils le restent ensuite jusqu’à la mi-juillet, ce qui concentre les principales expositions sur plusieurs semaines.
Les fortes chaleurs ont accentué la dispersion des poils urticants
Les températures anormalement élevées enregistrées ces dernières semaines ont favorisé la prolifération des chenilles processionnaires du chêne. Elles ont également augmenté le risque de contact avec leurs poils urticants.
Ces poils, appelés « soies », sont invisibles dans l’air. La chaleur les a maintenus davantage en suspension dans les forêts, selon Margot Degezelle. Ils ont ainsi pu dépasser les abords immédiats des arbres concernés et atteindre certaines zones urbaines.
Le risque ne dépend donc pas uniquement d’un contact direct avec une chenille. Une personne peut être exposée en se trouvant à proximité d’un chêne touché ou dans un espace où les soies circulent dans l’air.
Les fortes températures ont par ailleurs attiré davantage de personnes dans les espaces boisés. Les promeneurs se sont retrouvés plus proches des arbres au moment même où les poils urticants étaient davantage présents dans l’atmosphère.
La combinaison de ces deux facteurs, une forte fréquentation des forêts et une dispersion accrue des soies, a augmenté la probabilité d’exposition, y compris pour des personnes n’ayant aperçu ni chenille ni nid.
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Boutons rouges, démangeaisons et irritations chez les promeneurs
Dans l’Oise, de nombreux promeneurs ont vu apparaître depuis le printemps des boutons rouges sur les bras. Ces réactions sont provoquées par les soies libérées dans l’air lorsqu’elles entrent en contact avec la peau.
Les démangeaisons peuvent être importantes. L’exposition peut également toucher d’autres parties du corps : l’inhalation des poils peut entraîner une irritation des voies respiratoires ou des maux de gorge, tandis qu’un contact avec les yeux peut provoquer des picotements, voire une conjonctivite.
Les chiens sont eux aussi sensibles aux chenilles processionnaires du chêne. En cas de contact, ils peuvent subir une inflammation des muqueuses.
Dans les zones particulièrement touchées, Fredon Hauts-de-France recommande de s’éloigner des arbres contaminés, d’éviter de rester sous les chênes et de porter des vêtements couvrants. L’organisme conseille également de ne pas étendre de linge à l’extérieur et de se laver les cheveux après une exposition.
La présence de ces chenilles ne se limite toutefois pas à ses conséquences sanitaires. Elles participent aussi à la chaîne alimentaire, leur période d’apparition coïncidant avec la naissance des mésanges, qui s’en nourrissent.








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