Près de Dijon, le moustique tigre perturbe fortement l’été de certains habitants. À Fenay, une riveraine raconte avoir multiplié les dépenses sans réussir à profiter normalement de son jardin et de sa terrasse.
Chez Séverine Gandré, les repas en extérieur peuvent rapidement tourner court à cause des piqûres. Malgré plusieurs équipements achetés contre les moustiques, la situation continue de peser sur le quotidien de sa famille.
Dans la région dijonnaise, où le moustique tigre est signalé depuis 2019, Dijon Métropole a désormais déployé sa « Brigade du tigre » auprès des habitants. Les premières visites montrent que certains endroits favorables au développement des larves peuvent facilement passer inaperçus.
À Fenay, près de 1 000 euros dépensés contre les moustiques tigres en un an
À Fenay, près de Dijon, Séverine Gandré affirme avoir multiplié les pièges et répulsifs. En l’espace d’un an, elle estime avoir consacré près de 1 000 euros à différents équipements contre les moustiques tigres.
Son dernier achat représente à lui seul près de 800 euros. La machine dégage du CO₂ afin d’imiter l’expiration humaine et libère des phéromones censées reproduire notre odeur.
Malgré cet investissement, Séverine Gandré estime que les résultats ne sont pas au rendez-vous, puisque les moustiques restent présents autour de son habitation.
La nuisance affecte surtout les moments passés dehors. Les repas sur la terrasse peuvent être écourtés et la famille finit parfois par regagner l’intérieur face aux piqûres répétées.
« On se fait dévorer donc on finit par rentrer. C’est un vrai problème au quotidien », témoigne-t-elle.
L’habitante assure pourtant avoir passé son jardin au peigne fin pour tenter d’identifier l’origine du problème, sans succès. Elle décrit une situation devenue stressante et particulièrement agaçante, au point de ne plus profiter normalement de son extérieur.
Dijon Métropole lance sa « Brigade du tigre » et découvre des larves chez un habitant
Le moustique tigre est signalé dans la région dijonnaise depuis 2019 et sa présence s’accentue au fil des années. Pour répondre aux nuisances rencontrées par les habitants, Dijon Métropole a lancé sa « Brigade du tigre », désormais active sur le terrain.
Tracts à la main, Nicolas et Manon effectuent du porte-à-porte auprès des riverains. La brigade cherche notamment à identifier les nuisances rencontrées et à sensibiliser les habitants aux endroits pouvant favoriser la présence du moustique.
Lors d’une visite, les agents repèrent rapidement un récupérateur d’eau pluviale contenant des larves. Le particulier avait pourtant déjà versé du larvicide dans la cuve. Un livret consacré aux bonnes pratiques lui est alors remis.
Nicolas Pinquier, membre de la brigade, rappelle que les réservoirs où l’eau reste stagnante pendant plusieurs jours peuvent constituer des gîtes larvaires. Ces points d’eau peuvent permettre aux moustiques de pondre lorsqu’ils restent accessibles.
La découverte effectuée lors de cette visite montre ainsi que certains lieux de ponte peuvent se cacher dans des équipements ordinaires du jardin, y compris lorsque leurs propriétaires pensent avoir déjà pris des précautions.
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Des consignes encore mal comprises, selon la mairie de Dijon
Les visites de la brigade mettent également en évidence un autre problème : certains habitants ne repèrent pas toujours les endroits susceptibles d’abriter des larves dans leur jardin.
Pour Françoise Tenenbaum, conseillère municipale déléguée à la santé à Dijon, certaines recommandations restent encore insuffisamment comprises.
« On s’est rendu compte qu’il y avait encore beaucoup de consignes de prévention qui étaient mal comprises ou que les habitants ne se rendaient pas compte que dans leurs jardins il pouvait y avoir des niches à larves », explique-t-elle.
Cette difficulté permet aussi de comprendre le choix de Dijon Métropole d’aller directement à la rencontre des riverains. Au-delà des piqûres et des nuisances qui perturbent les activités extérieures, le moustique tigre représente également un enjeu de santé publique.
L’insecte peut être vecteur de plusieurs maladies, notamment la dengue, le chikungunya et le Zika. Cette dimension sanitaire accompagne désormais la progression du moustique tigre dans la région dijonnaise.








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