À Rambouillet, les chenilles processionnaires débordent le dispositif habituel — la mairie sort le brûlage
Face à ce qu’elle décrit comme une prolifération « plus importante que les années précédentes », la municipalité des Yvelines a déclenché fin mai des opérations d’échenillage par brûlage, qualifiées d' »inédites sur le territoire ». Dix-huit sites traités, fermetures temporaires d’espaces publics, priorisation des zones proches des écoles : l’épisode 2026 a changé de nature.
À Rambouillet, le sujet n’est plus traité comme une simple nuisance saisonnière. Fin mai, la mairie a durci sa réponse et changé de registre. Elle évoque une pression plus forte que lors des saisons précédentes, décrit une situation plus difficile à contenir, et assume des mesures plus visibles dans l’espace public. Le dossier quitte ainsi le seul terrain de l’entretien des espaces verts pour entrer dans celui de l’actualité locale.
Le changement se lit d’abord dans les faits. La ville indique que 18 sites recensés ont bénéficié de traitements biologiques depuis le mois de mars. Elle a ensuite annoncé, le 27 mai, des opérations d’échenillage par brûlage sur les zones identifiées, accompagnées de fermetures temporaires de certains espaces publics. Les interventions sont menées avec une entreprise spécialisée et les équipes techniques de la ville, avec une priorité donnée aux secteurs proches des établissements scolaires et des zones jugées les plus sensibles.
Dix-huit sites traités, puis un cap franchi fin mai
La séquence 2026 s’est construite par étapes. Rambouillet a d’abord engagé deux campagnes de traitements biologiques par pulvérisation de Bacillus thuringiensis, une première du 27 au 30 avril, puis une seconde du 18 au 22 mai. La ville présente cette solution comme inoffensive pour l’être humain et les animaux domestiques. Selon elle, ces interventions permettent d’éliminer une grande partie des larves qui se nourrissent des jeunes feuilles des chênes
Les lieux visés montrent que le problème n’est pas cantonné à la forêt. La mairie cite des écoles et établissements assimilés, mais aussi des bosquets, remises, bois et espaces verts de quartiers qui jouxtent les forêts ceinturant Rambouillet. Le sujet touche donc des zones de passage, des espaces fréquentés et des secteurs résidentiels, là où la présence de chenilles urticantes devient tout de suite une question de vie quotidienne.
Le 27 mai, la ville est allée plus loin. Elle a annoncé une “mesure inédite sur le territoire” avec des opérations d’échenillage par brûlage et des fermetures temporaires. Dit autrement, la mairie ne se contente plus de traiter à distance ou de suivre l’évolution du phénomène : elle commence à neutraliser des zones et à modifier les usages de certains espaces publics. C’est ce passage à une réponse plus lourde qui donne aujourd’hui au sujet sa dimension d’actualité
Une pression ancienne, mais un printemps 2026 plus tendu
Rambouillet ne découvre pas les chenilles processionnaires cette année. La ville rappelle qu’elle a installé des nichoirs à mésanges dès novembre 2020, qu’elle mène des traitements biologiques depuis 2021 et qu’elle complète ce dispositif par des pièges à phéromones à partir de la fin juin. Le problème est donc ancien, identifié, suivi. Mais le printemps 2026 marque clairement un durcissement du ton et des moyens engagés.
La mairie écrit noir sur blanc que la prolifération observée est “plus importante que les années précédentes”. Elle lie cette poussée à des températures particulièrement clémentes en fin d’hiver, suivies de fortes chaleurs. La formulation est nette. Elle donne à la saison 2026 un statut à part dans la communication municipale, même si la ville ne publie pas, à ce stade, une série chiffrée détaillée année par année permettant de mesurer précisément l’écart avec 2022, 2023 ou 2024.
Ce point n’affaiblit pas le sujet. Il le cadre. Rambouillet dit qu’il se passe quelque chose de plus fort cette année. Les interventions engagées, les fermetures temporaires et le recours au brûlage donnent du poids à ce diagnostic. En revanche, la comparaison fine avec toutes les saisons antérieures reste, pour l’instant, incomplète dans les éléments publics mis à disposition par la ville.
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À Rambouillet, le sujet passe surtout par les chênes
Le dossier mérite une précision importante : il ne faut pas mélanger processionnaire du pin et processionnaire du chêne. Rambouillet évoque bien, dans sa communication, des actions visant les chênes et les pins situés en lisière des zones boisées et dans certains secteurs de l’espace public. Mais elle ajoute aussi que les larves visées par les traitements se nourrissent des jeunes feuilles des chênes. Elle précise même que les colonisations sont apparues essentiellement sur les chênes.
Cette précision change la lecture du sujet. Rambouillet n’est pas racontée ici comme une ville prise dans un scénario méditerranéen classique de processionnaires du pin visibles au sol à la fin de l’hiver. Le cœur du problème local semble plutôt se jouer sur les chênes, à proximité d’écoles, de zones résidentielles et d’espaces verts urbains au contact direct des bois. C’est cette configuration, très francilienne, qui rend la situation si sensible.
Des risques bien connus et une mairie qui serre la vis
Les précautions diffusées par la ville disent l’essentiel. Rambouillet demande de protéger les enfants et les animaux de compagnie, de ne pas pénétrer dans les zones sécurisées et de ne pas toucher les chenilles, les nids et les pièges. La page municipale renvoie aussi vers une brochure de prévention de l’ARS. On est donc bien au-delà d’un simple enjeu paysager : la mairie traite le dossier comme un sujet de prévention et d’exposition du public.
La ville agit dans son périmètre : elle repère, traite, priorise, sécurise et ferme temporairement quand elle estime que la situation l’exige. Cela ne signifie pas qu’elle maîtrise à elle seule l’ensemble du phénomène. Mais une chose est claire : à Rambouillet, le printemps 2026 marque un changement de braquet. La pression est suffisamment forte pour que la municipalité rende sa lutte plus visible, plus concentrée et plus politique qu’auparavant.
Le sujet n’est donc pas seulement “la mairie agit”. Le vrai fait d’actualité, c’est qu’à Rambouillet, une pression ancienne est en train de franchir un seuil public. Et c’est ce basculement, plus que la seule présence des chenilles, qui fait aujourd’hui l’événement.





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