Près de Toulouse, une commune renforce son dispositif contre le moustique tigre après une expérimentation menée dans un parc très fréquenté. Les premiers retours ont suffisamment marqué les habitants et la mairie pour changer d’échelle dès cet été.
À Balma, le sujet ne se limite plus aux piqûres sur les terrasses ou dans les espaces verts. Derrière les bornes installées en 2025, la ville affirme avoir observé des résultats encourageants, tout en gardant une certaine prudence sur la portée réelle du dispositif.
À Balma, plus de 12 400 moustiques capturés lors d’une expérimentation dans un parc public
Le test a été mené au parc Vidailhan, à Balma, commune située aux portes de Toulouse. Entre le 2 juin et le 18 août 2025, cinq bornes antimoustiques ont été installées sur ce site pilote afin d’évaluer leur impact dans un espace public fréquenté.
Le bilan avancé par The Invascience Company est particulièrement élevé : 12 409 moustiques ont été capturés et identifiés en deux mois et demi. Selon l’entreprise, 85 % des insectes capturés étaient des moustiques tigres, dans un secteur où la commune dit faire face depuis plusieurs années à l’installation durable de cette espèce invasive.
Les bornes utilisées, appelées Inyo, sont présentées comme des dispositifs capables d’attirer et de capturer les moustiques en reproduisant certains signaux recherchés par ces insectes, sans recours à des insecticides. Leur déploiement s’inscrivait dans une expérimentation plus large, menée à l’échelle du parc.
Le comptage a été réalisé de façon minutieuse. Les moustiques ont été comptabilisés manuellement à la pince, puis les filets ont été relevés chaque semaine avant d’être congelés et analysés par un entomologiste. Rapporté au nombre de pièges, le résultat représente environ 32 moustiques par jour et par borne.
Sur place, plusieurs habitants disent avoir ressenti une nette différence. Yann, riverain du parc, affirme ainsi : « Je ne me suis pas fait piquer une seule fois sur ma terrasse », alors qu’il expliquait se faire « dévorer » les années précédentes. Pour lui, le changement est concret : « Avant, je ne sortais plus, maintenant, on revit ».
Ce retour d’expérience donne à l’expérimentation une dimension très locale, au-delà du seul chiffre des captures. Dans ce quartier de Balma, les témoignages recueillis autour du parc Vidailhan traduisent surtout un soulagement après plusieurs étés marqués par la présence du moustique tigre.
Un dispositif présenté comme scientifique, mais efficace sur un périmètre limité
L’expérimentation menée à Balma ne se résume pas à l’installation de bornes antimoustiques dans un espace vert. Avant leur déploiement, un diagnostic du parc Vidailhan a été réalisé afin de repérer les zones les plus favorables à la reproduction des moustiques et les facteurs environnementaux susceptibles d’entretenir leur présence.
Ce travail préalable a permis de formuler des recommandations d’aménagement pour réduire les gîtes larvaires et améliorer l’efficacité globale du dispositif. L’objectif affiché était de combiner observation du terrain, captures, suivi scientifique et implication des habitants.
Les relevés ont aussi permis d’identifier les espèces capturées et d’observer l’évolution des populations au fil de la saison. The Invascience Company présente ainsi ces bornes comme de « véritables outils d’observation scientifique », capables d’apporter des données locales sur la dynamique des moustiques, au-delà de leur rôle de capture.
L’entreprise indique notamment que l’expérimentation a permis d’observer une apparition plus tardive du moustique tigre par rapport à d’autres moustiques, ainsi qu’un premier pic de capture en juin 2025, à la faveur de la canicule. Ces données sont mises en avant pour mieux comprendre l’influence des conditions météo sur le développement des populations.
Le ressenti des usagers va dans le même sens : plus de 85 % des répondants aux enquêtes de perception indiquent avoir constaté une évolution positive au cours de l’été. Plus d’un habitant sur deux s’est également déclaré satisfait du dispositif déployé, selon les éléments rapportés par l’entreprise.
Le maire de Balma, Vincent Terrail-Novès, confirme des retours encourageants, mais appelle à ne pas surestimer la portée des bornes. Selon l’élu, elles se sont montrées efficaces autour des sites équipés, mais « dans un rayon de 30 mètres seulement ».
La mairie reconnaît toutefois une contrainte majeure : ces bornes ne peuvent pas être déployées partout sur le territoire communal. Leur installation doit donc rester ciblée, en priorité dans les secteurs les plus touchés, notamment les parcs, les jardins publics et les lieux où la gêne est la plus forte pour les habitants.
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Pour l’été 2026, la ville passe de 5 à 15 bornes et mise aussi sur les habitants
Après cette première expérimentation, Balma a décidé de changer d’échelle pour l’été 2026. Les cinq bornes déjà installées dans le parc Vidailhan sont maintenues, tandis que dix nouvelles bornes antimoustiques viennent compléter le dispositif dans d’autres secteurs de la commune.
Parmi les sites évoqués figurent le square Eugène-Bonnet, situé avenue des Mimosas, mais aussi le parc de Lagarde et les abords de certaines aires de jeux. La mairie entend concentrer ses efforts sur les espaces publics les plus fréquentés, là où la présence du moustique tigre peut rapidement devenir une gêne quotidienne.
La commune accompagne ce déploiement par des panneaux d’information installés sur les sites concernés. Des QR codes permettent aux usagers d’accéder aux relevés réalisés par les entomologistes et de suivre les données de captures, ce qui donne une dimension plus visible et plus participative à l’expérimentation.
En parallèle, Balma indique poursuivre la recherche et la suppression des eaux stagnantes dans les bâtiments municipaux, les parcs, les jardins publics, le cimetière, les terrains de sport, les zones humides et plus largement sur le domaine public. La ville mentionne également des traitements préventifs réguliers non toxiques pour la faune.
Le dispositif municipal ne s’arrête pas aux bornes. Des nichoirs à chauves-souris ont aussi été déployés dans le cadre d’un projet lancé par le Conseil municipal des jeunes, avec l’idée d’encourager la présence de pipistrelles, décrites comme inoffensives pour l’homme et capables de consommer de nombreux moustiques.
La mairie a également lancé des offres groupées afin de permettre aux habitants de s’équiper en bornes antimoustiques à moindre coût. Cette initiative prolonge l’idée défendue par la commune et son prestataire : la lutte contre le moustique « ne peut se limiter aux seuls pouvoirs publics ».
À Balma, la stratégie prend donc la forme d’une action collective, entre expérimentation municipale, suivi scientifique et participation des riverains. Reste une limite clairement assumée par la ville : ces dispositifs peuvent réduire la pression localement, mais ils doivent être installés aux bons endroits pour produire un effet visible.






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